la cathédrale Notre Dame de Paris a réouvert le 8 décembre 2024 et je vous propose de découvrir quelques petites histoires derrière ses statues !


Depuis sa création en 1844, le musée de Cluny – musée national du Moyen Âge, est le principal lieu de conservation de sculptures de la cathédrale Notre Dame de Paris. Certains décors n’avaient pas fait l’objet d’étude approfondie ni restaurées depuis près de 40 ans ! Avec le chantier actuel de restauration, un programme d’étude s’est mis en place depuis 2022.
Après les restaurations de la cathédrale Notre-Dame de Paris menées par Viollet-le-Duc au 19ème siècle, le musée de Cluny devient le lieu de conservation de ses sculptures. L’architecte fait réaliser des copies du portail, certaines sculptures sont entièrement recréées, tandis que les originales sont déposées au musée.
Aujourd’hui, les visiteurs peuvent les admirer dans la “Salle Notre-Dame”, au cœur des collections permanentes du musée de Cluny.

Voici quelques petites histoires derrière les statues de Notre-Dame :
ah ça ira !

En pleine période révolutionnaire on le sait, les têtes tombent, et même.. celles de pierres !
A la cathédrale Notre Dame de Paris, c’est le cas des 28 statues de la galerie des Rois érigée au 13 ème siècle : ce sont les rois de Juda qui vont être apparentés aux rois de France. A la Révolution, on ne veut plus de religion et on veut détruire les symboles de l’Ancien Régime.



En 1793, on rejoue la mort du roi Louis XVI en décapitant ces rois sur décision administrative.
Ils disparaissent pendant 2 siècles et en 1977 c’est la grande découverte ! Dans la cour de l’hôtel Moreau à Paris : on va retrouver 350 fragments de décors sculptés de Notre Dame dont… ces têtes de rois ! elles sont ensuite envoyées au musée de Cluny.
Il y a un grand travail d’enquête pour les identifier, par exemple avec un fragment d’une crinière de Lion : on a pu identifié qu’il était proche du roi David car le lion renvoie à la Tribu de Juda.


Sur un dessin d’Hantier datant de 1699 on observe un roi sur un lion et en regardant de plus près on remarque que la statue du roi est plus petite car l’emplacement où était niché le lion prenait plus de place.

C’est comme cela que l’on a pu identifier qu’une des têtes était celle du roi David, car elle était beaucoup plus petite que les autres têtes de rois !
Envoyées au charbon

Beaucoup de sculptures de Notre Dame ont eut un destin similaire à la Révolution française. Certaines vont être entreposées pendant plusieurs années sur le parvis de la cathédrale et après..on perdra leurs traces.
Pour les retrouver, on peut compter sur la chance !
En 1839, autour du Marché au Charbon rue de la Santé à Paris, l’archéologue Albert Lenoir remarque des bornes qu’il décide de faire déterrer, et il fait une sacrée découverte : ce qui servaient de bornes pour délimiter le marché étaient en fait 12 des statues du portail sud du Transept de la cathédrale !

Et en observant de plus près, on remarque que le bas des statues est plus foncé que le haut c’est car elles étaient enterrées à l’envers et donc plus exposées aux intempéries.

Adam
Cet Adam est l’une des plus célèbres sculptures du musée de Cluny et c’est l’un des rares nus du 13 ème siècle. Il représente une beauté idéale et reprend les codes des nus antiques.
Adam a été cassé et réparé à plusieurs reprise et en l’étudiant on découvre qu’à l’intérieur se trouve une armature métallique !


Positionné proche du Christ du Jugement Dernier, il était dans une niche murale au revers de la façade du transept sud de Notre-Dame. Il n’était pas seul car de l’autre côté se trouvait sa Eve. Au 18ème siècle, ils seront retirés de Notre-Dame et séparés, jugés démodés. Adam trouvera refuge dans une tour, mais son Ève restera introuvable!
Jamais bien loin
Le jubé est une tribune élevée qui sépare le choeur de la nef. De nombreuses églises en possédaient un, notamment la cathédrale Notre-Dame de Paris. Son jubé, édifié vers 1230, fut détruit au 18ème siècle afin d’ouvrir l’office aux laïques.

On le croyait complètement perdu mais il était juste sous nos pieds !
Lors des fouilles de la cathédrale conduite par l’inrap en 2022, 1000 fragments de ce jubé ont été retrouvé… dans le sol de la cathédrale. Il était assez courant d’enterrer les jubés directement sous le monument pour que ces sculptures sacrées restent dans un lieu consacré.
Et comme on peut le voir, les fragments retrouvés ont gardé leur magnifiques couleurs d’origine.

Comme la découverte reste très récente, on espère que les fragments seront ensuite exposés au musée de Cluny!
Musée de Cluny, Paris
28 Rue Du Sommerard, 75005 Paris
www.musee-moyenage.fr
